Aller au contenu

Introduction aux CRM et à Salesforce

Les composantes d'un CRM

Un CRM (Customer Relationship Management — gestion de la relation client) est un logiciel qui centralise toutes les interactions entre une entreprise et ses clients, actuels ou potentiels.

Concrètement, un CRM permet de :

  • Suivre les communications : courriels, appels, rencontres, notes — tout est consigné au même endroit.
  • Gérer le pipeline de ventes : chaque occasion d’affaires (opportunité) progresse à travers des étapes définies, de la prospection à la conclusion.
  • Segmenter la clientèle : regrouper les clients par industrie, région, volume d’achat ou tout autre critère pertinent.
  • Produire des rapports : tableaux de bord, prévisions de revenus, taux de conversion, performance des représentants.

Pense au parcours d’un client avec une entreprise québécoise typique :

Les composantes d'un CRM
  1. Prospection — Un lead (piste) est identifié : une entreprise qui a visité le site web, rempli un formulaire ou été référée.
  2. Qualification — On évalue si cette piste a un réel potentiel : budget suffisant? Besoin réel? Pouvoir décisionnel?
  3. Proposition — Une offre de service ou une soumission est préparée.
  4. Négociation — Échanges sur les prix, les conditions, les délais.
  5. Conclusion — La vente est conclue (ou perdue — le CRM enregistre les deux).
  6. Service après-vente — Suivi, renouvellements, ventes additionnelles.

Le CRM accompagne chacune de ces étapes. Sans CRM, ces informations se retrouvent dispersées dans des courriels, des fichiers Excel individuels, des Post-it et la mémoire des employés — un cauchemar organisationnel.


En entreprise, tu croiseras plusieurs types de logiciels de gestion. Il est important de comprendre leurs rôles respectifs et comment ils se complètent.

Le CRM gère la relation externe : clients, prospects, partenaires commerciaux. Son objectif est d’augmenter les ventes et d’améliorer la satisfaction client.

Exemples : Salesforce, HubSpot, Zoho CRM, Microsoft Dynamics 365 (module CRM).

Un ERP (Enterprise Resource Planning — progiciel de gestion intégré) gère les processus internes de l’entreprise : comptabilité, inventaire, achats, production, ressources humaines, paie.

Exemples : SAP, Oracle NetSuite, Microsoft Dynamics 365 (module ERP), Sage.

CatégorieFonction principaleExemples
Automatisation marketingCampagnes courriel, pages d’atterrissage, scoring de leadsMailchimp, ActiveCampaign
Gestion de projetsPlanification, suivi des tâches, collaborationAsana, Monday.com, MS Project
Service à la clientèleBillets de support, base de connaissances, clavardageZendesk, Freshdesk
ComptabilitéFacturation, grand livre, états financiersQuickBooks, Sage 50, Acomba
BI (Business Intelligence)Tableaux de bord analytiques, exploration de donnéesPower BI, Tableau

Dans une entreprise bien outillée, les données circulent entre les systèmes. Par exemple :

  • Un lead capté par l’outil de marketing est transféré au CRM pour le suivi commercial.
  • Quand la vente est conclue dans le CRM, une commande est créée dans l’ERP pour la facturation et la livraison.
  • Les données de l’ERP et du CRM alimentent l’outil de BI pour produire des tableaux de bord décisionnels.

C’est dans cette logique d’interconnexion qu’Excel joue un rôle crucial : il sert souvent de passerelle pour exporter, transformer et analyser les données provenant de ces différents systèmes.


Salesforce est le CRM le plus utilisé au monde. Il fonctionne entièrement sur le web (rien à installer).

  1. Part de marché : Salesforce domine le marché mondial du CRM. Connaître cet outil est un atout concret sur un CV.
  2. Infonuagique (cloud) : Tout est hébergé en ligne. Tu y accèdes depuis n’importe quel poste avec un navigateur.
  3. Personnalisation : L’interface, les champs, les processus — presque tout est configurable sans programmation.
  4. Écosystème : Des milliers d’applications complémentaires sont disponibles sur l’AppExchange (la « boutique » de Salesforce).

Salesforce offre plusieurs éditions payantes (Essentials, Professional, Enterprise, Unlimited). Pour ce cours, on utilise un environnement gratuit appelé Trailhead Playground — un environnement de démonstration complet fourni par Salesforce pour l’apprentissage.


L’interface de Salesforce s’appelle Lightning Experience. Voici les éléments principaux à repérer.

C’est ta barre de menu principale. Elle contient des onglets qui donnent accès aux différents objets : Comptes, Contacts, Opportunités, Leads, Rapports, etc.

  • Tu peux personnaliser les onglets affichés en cliquant sur le crayon (✏️) à droite de la barre.
  • Le lanceur d’applications (icône en grille, en haut à gauche) te permet d’accéder à toutes les applications disponibles.

Située en haut au centre, elle permet de chercher n’importe quel enregistrement dans Salesforce — un contact, un compte, une opportunité — par nom, courriel, numéro de téléphone, etc.

Quand tu cliques sur un onglet (par exemple Contacts), tu arrives sur une vue de liste qui affiche les enregistrements sous forme de tableau. Tu peux :

  • Changer de vue (« Tous les contacts », « Mes contacts », « Contacts récents »).
  • Créer tes propres vues filtrées.
  • Trier par colonne en cliquant sur l’en-tête.

En cliquant sur un enregistrement, tu accèdes à sa page de détail, qui contient :

  • Les champs de l’enregistrement (nom, téléphone, adresse, etc.) dans la section supérieure.
  • L’historique des activités (appels, courriels, tâches) dans le fil chronologique.
  • Les enregistrements associés : par exemple, sur la page d’un Compte, tu verras ses Contacts et ses Opportunités.

Dans Salesforce, les données sont organisées en objets. Chaque objet est comparable à une table dans une base de données — ou, pour faire le pont avec ce que tu connais, à une feuille dans un classeur Excel où chaque ligne est un enregistrement et chaque colonne est un champ.

Les quatre objets standard les plus importants sont les suivants.

Un lead est un contact non qualifié — quelqu’un qui a manifesté un intérêt mais qui n’est pas encore un client potentiel confirmé.

ChampDescriptionExemple
NomPrénom et nom de la personneMarie-Ève Tremblay
SociétéEntreprise du leadConstructions Beauce Inc.
StatutOù en est le lead dans le processusNouveau, Contacté, Qualifié
SourceComment le lead a été obtenuSite web, Salon commercial, Référence

Quand un lead est qualifié, on le convertit. Cette conversion crée automatiquement un Compte, un Contact et (optionnellement) une Opportunité.

Un compte représente une organisation — un client, un fournisseur, un partenaire ou toute autre entreprise avec laquelle on fait affaire.

ChampDescriptionExemple
Nom du compteRaison socialeÉpicerie Chez Marco
IndustrieSecteur d’activitéCommerce de détail
TéléphoneNuméro principal418-555-0123
Adresse de facturationAdresse officielle245, rue Saint-Jean, Québec

Un contact est une personne associée à un compte. Un compte peut avoir plusieurs contacts (le directeur des achats, la comptable, le président…).

ChampDescriptionExemple
NomPrénom et nomJean-Philippe Gagnon
CompteEntreprise associéeÉpicerie Chez Marco
TitrePoste occupéDirecteur des achats
CourrielAdresse courrieljp.gagnon@chezmarco.ca

Une opportunité représente une vente potentielle — un deal en cours de négociation.

ChampDescriptionExemple
NomDescription de l’opportunitéContrat entretien 2026
CompteClient viséConstructions Beauce Inc.
MontantValeur estimée de la vente45 000 $
Date de clôtureDate prévue de conclusion2026-06-15
ÉtapePhase dans le pipelineProposition, Négociation, Conclue gagnée
ProbabilitéChance estimée de gagner60 %
Lead (non qualifié)
▼ [Conversion]
├── Compte (l'entreprise)
│ ├── Contact (la personne)
│ └── Opportunité (la vente potentielle)

Un lead vit seul. Une fois converti, il « éclate » en trois objets reliés entre eux. Cette structure relationnelle est fondamentale pour comprendre comment Salesforce organise l’information.


L’une des compétences les plus utiles au quotidien est de sortir les données de Salesforce pour les analyser dans Excel. Deux méthodes principales s’offrent à toi.

C’est la méthode la plus simple et la plus rapide.

  1. Navigue vers l’onglet de l’objet voulu (ex. : Contacts).
  2. Sélectionne ou crée la vue de liste contenant les données désirées.
  3. Clique sur l’icône d’engrenage (⚙️) en haut à droite de la liste.
  4. Choisis Exporter.
  5. Sélectionne le format .xlsx (classeur Excel).
  6. Clique sur Exporter.

Les rapports offrent beaucoup plus de flexibilité : filtres avancés, regroupements, champs de plusieurs objets, formules résumées.

  1. Clique sur l’onglet Rapports.
  2. Clique sur Nouveau rapport.
  3. Choisis le type de rapport (ex. : Comptes avec contacts, Opportunités).
  4. Configure les colonnes, les filtres et les regroupements selon tes besoins.
  5. Clique sur Exécuter pour vérifier les résultats.
  6. Clique sur la flèche à côté de EnregistrerExporter.
  7. Choisis le format Détails uniquement (.xlsx) ou Formaté (.xlsx).

Exporte les données brutes, sans regroupement ni sous-totaux. C’est le format idéal si tu veux ensuite créer tes propres TCD, graphiques ou analyses dans Excel.

Une fois le fichier .xlsx ouvert dans Excel, quelques vérifications s’imposent avant de commencer ton analyse :

  • Vérifier les types de données : les dates sont-elles reconnues comme des dates? Les montants comme des nombres? Salesforce exporte parfois des valeurs en format texte.
  • Supprimer les colonnes inutiles : l’export inclut souvent des identifiants internes (ID Salesforce) dont tu n’as pas besoin.
  • Renommer les en-têtes : les noms de colonnes exportés correspondent aux noms techniques des champs dans Salesforce — ils ne sont pas toujours clairs.
  • Mettre en forme comme un tableau structuré : sélectionne tes données et utilise InsertionTableau (Ctrl+T) pour bénéficier des filtres automatiques et d’une référence structurée.