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Notions mathématiques fondamentales

Les formules Excel reposent sur des concepts mathématiques que vous utilisez parfois sans le savoir. Ce guide présente chaque notion avec sa définition, son utilité concrète en entreprise et la façon de l’appliquer dans Excel.


Un taux exprime une quantité par rapport à une autre, souvent sur une base de temps ou une unité de référence. Il permet de quantifier une relation entre deux grandeurs pour la rendre comparable et interprétable.

Formule : Taux = Quantité ÷ Base de référence

  • Calculer un taux horaire (salaire ÷ heures travaillées)
  • Déterminer un taux de roulement du personnel (départs ÷ effectif total)
  • Évaluer un taux de production (unités produites ÷ heures de travail)
  • Mesurer un taux de présence (jours présents ÷ jours ouvrables)
  • Appliquer un taux de taxation (TPS, TVQ)

Un employé gagne 920 $ pour 40 heures de travail.

ABC
1SalaireHeuresTaux horaire
292040=A2/B2

Résultat : 23 $/h


Un pourcentage (%) représente une proportion exprimée sur une base de 100. C’est une façon universelle de comparer des quantités de tailles différentes.

Formule : Pourcentage = (Partie ÷ Total) × 100

  • Calculer la part de marché d’un produit
  • Déterminer le taux de réussite d’un examen
  • Exprimer une remise commerciale
  • Comparer des proportions entre départements de tailles différentes

Une boutique a vendu 35 chandails sur un stock de 200 articles.

ABC
1VendusStock total% vendu
235200=A2/B2

Résultat : 0,175 → Formatez la cellule en Pourcentage pour afficher 17,5 %


Une proportion exprime la relation entre une partie et son tout, ou l’égalité entre deux rapports. Elle permet de comparer des quantités et de trouver des valeurs inconnues par produit croisé.

Formule : a / b = c / d → si on connaît trois valeurs, on trouve la quatrième

  • Répartir un budget entre départements selon leur taille
  • Estimer des ventes futures à partir de données passées
  • Convertir des unités (devises, mesures)
  • Distribuer des primes proportionnellement au rendement

Un budget de 50 000 $ doit être réparti entre 3 équipes selon leur nombre d’employés.

ABC
1ÉquipeEmployésBudget
2Ventes12=B2/SOMME(B$2:B$4)*50000
3Marketing8=B3/SOMME(B$2:B$4)*50000
4TI5=B4/SOMME(B$2:B$4)*50000

Chaque équipe reçoit sa proportion du budget total.


Un ratio compare deux quantités entre elles par une division. Contrairement à la proportion, le ratio ne se rapporte pas nécessairement à un tout ; il met en relation deux éléments distincts.

Notation : A : B ou A / B

  • Calculer le ratio d’endettement (dettes ÷ actifs)
  • Évaluer le ratio employés/gestionnaire
  • Comparer le ratio revenus/dépenses
  • Analyser la liquidité d’une entreprise (actifs courants ÷ passifs courants)

Une entreprise a 15 employés pour 2 gestionnaires.

ABC
1EmployésGestionnairesRatio
2152=A2/B2

Résultat : 7,5 → On dit un ratio de 7,5 : 1 (7,5 employés par gestionnaire)


Le taux de variation (ou variation en pourcentage) mesure l’évolution d’une valeur entre deux moments. Il indique de combien, en pourcentage, une quantité a augmenté ou diminué.

Formule : Taux de variation = (Nouvelle valeur − Ancienne valeur) ÷ Ancienne valeur

  • Mesurer la croissance des ventes d’un trimestre à l’autre
  • Évaluer la variation du chiffre d’affaires annuel
  • Suivre l’évolution des coûts de production
  • Comparer la performance avant et après un changement
ABC
1MoisVentesVariation
2Janvier12 500
3Février14 200=(B3-B2)/B2
4Mars13 800=(B4-B3)/B3
  • Janvier → Février : +13,6 % (hausse)
  • Février → Mars : −2,8 % (baisse)

Formatez la colonne C en Pourcentage pour un affichage clair.


Une moyenne pondérée est une moyenne où chaque valeur a un poids (une importance) différent. Contrairement à la moyenne simple qui traite toutes les valeurs également, la moyenne pondérée accorde plus d’influence aux éléments qui comptent davantage.

Formule : Moyenne pondérée = Σ (Valeur × Poids) ÷ Σ Poids

  • Calculer une note finale avec des évaluations de poids différents
  • Déterminer un coût moyen pondéré d’inventaire
  • Calculer un prix moyen d’achat d’actions achetées à différents prix
  • Évaluer un score de satisfaction avec des critères d’importance variable
ABC
1ÉvaluationNotePondération
2Examen intra7830%
3Travaux pratiques8525%
4Examen final7235%
5Participation9010%
6Moyenne pondérée=SOMMEPROD(B2:B5;C2:C5)

Résultat : 78,55 — et non 81,25 (moyenne simple). La note finale est tirée vers le bas par l’examen final qui pèse le plus lourd.


La variance et l’écart type mesurent la dispersion des données, c’est-à-dire à quel point les valeurs sont éloignées de la moyenne.

  • Variance : moyenne des carrés des écarts à la moyenne (unité au carré)
  • Écart type : racine carrée de la variance (même unité que les données)

Formule : Variance = Σ (Valeur − Moyenne)² ÷ n

Écart type = √Variance

  • Évaluer la régularité des ventes (ventes stables vs volatiles)
  • Mesurer le risque d’un investissement
  • Comparer la constance de deux fournisseurs sur les délais de livraison
  • Détecter les anomalies dans un processus de production

Deux vendeurs ont la même moyenne de ventes (500 $/jour), mais des profils très différents :

ABC
1JourVendeur AVendeur B
2Lundi480200
3Mardi510800
4Mercredi500350
5Jeudi520700
6Vendredi490450
7Moyenne=MOYENNE(B2:B6)=MOYENNE(C2:C6)
8Écart type=ECARTYPE(B2:B6)=ECARTYPE(C2:C6)
  • Vendeur A : écart type ≈ 15 → ventes très régulières
  • Vendeur B : écart type ≈ 237 → ventes très imprévisibles

Une distribution de fréquences organise les données en classes (intervalles) et compte combien de valeurs tombent dans chaque classe. Elle permet de visualiser la forme des données : où se concentrent-elles ? Y a-t-il des extrêmes ?

On regroupe les données brutes en intervalles et on compte le nombre d’occurrences par intervalle.

  • Classer les revenus des clients par tranches
  • Analyser la répartition des salaires dans une entreprise
  • Examiner la distribution des notes d’un examen
  • Regrouper les délais de livraison par catégorie

On veut répartir les résultats d’un examen en classes de 10 points.

Étape 1 : Définir les bornes supérieures des classes dans une colonne :

EF
1Classe (max)Fréquence
250
360
470
580
690
7100

Étape 2 : Sélectionner F2:F7, entrer la formule, puis valider avec Ctrl+Maj+Entrée :

=FREQUENCE(B2:B30;E2:E7)

La fréquence relative exprime la proportion de données dans chaque classe par rapport au total. C’est la fréquence absolue divisée par le nombre total d’observations.

Formule : Fréquence relative = Fréquence absolue ÷ Total des observations

  • Comparer des distributions de tailles différentes (ex. : les ventes de deux succursales)
  • Créer des graphiques en pourcentage
  • Estimer des probabilités à partir de données historiques
  • Construire un histogramme normalisé
ABC
1Tranche salarialeNb employésFréquence relative
2Moins de 40 000 $12=B2/SOMME(B$2:B$6)
340 000 – 54 999 $28=B3/SOMME(B$2:B$6)
455 000 – 69 999 $35=B4/SOMME(B$2:B$6)
570 000 – 84 999 $18=B5/SOMME(B$2:B$6)
685 000 $ et plus7=B6/SOMME(B$2:B$6)
7Total=SOMME(B2:B6)=SOMME(C2:C6)

La colonne C doit totaliser 1 (ou 100 % si formatée en pourcentage).


La normalisation (ou standardisation) consiste à transformer des données pour les ramener sur une échelle commune, ce qui permet de comparer des valeurs qui ne sont pas dans les mêmes unités ou les mêmes ordres de grandeur.

La méthode la plus courante est le score Z (ou cote Z) :

Formule : Z = (Valeur − Moyenne) ÷ Écart type

Un score Z de 0 signifie que la valeur est exactement à la moyenne. Un score Z de +2 signifie que la valeur est à 2 écarts types au-dessus de la moyenne.

  • Comparer un vendeur par rapport à son équipe
  • Combiner des indicateurs dans des unités différentes (ventes en $, satisfaction sur 10, délais en jours)
  • Détecter les valeurs aberrantes (outliers) dans un ensemble de données
  • Créer un indice composite à partir de plusieurs critères
ABC
1EmployéVentes ($)Score Z
2Alice45 000=(B2-MOYENNE(B$2:B$6))/ECARTYPE(B$2:B$6)
3Bob38 000=(B3-MOYENNE(B$2:B$6))/ECARTYPE(B$2:B$6)
4Carla52 000
5David41 000
6Éva48 000
  • Score Z positif → au-dessus de la moyenne du groupe
  • Score Z négatif → en dessous de la moyenne du groupe
  • Score Z au-delà de ±2 → valeur potentiellement exceptionnelle

Une équation du premier degré est une relation linéaire de la forme y = mx + b, où la variable est à la puissance 1. On l’utilise pour modéliser des situations où il y a une progression constante.

Forme générale : y = mx + b

  • m = pente (taux de changement)
  • b = ordonnée à l’origine (valeur de départ)
  • Calculer le coût total d’un service (frais fixes + coût par unité)
  • Déterminer un seuil de rentabilité (point mort)
  • Modéliser une dépréciation linéaire d’un bien
  • Trouver le nombre d’unités nécessaires pour atteindre un objectif

Un forfait cellulaire coûte 45 $/mois (fixe) + 0,10 $ par minute d’appel.

Coût = 0,10 × minutes + 45

AB
1MinutesCoût total
2100=0,10*A2+45
3200=0,10*A3+45
4500=0,10*A4+45

Résultats : 55 $, 65 $, 95 $


Un exposant indique combien de fois un nombre (la base) est multiplié par lui-même. Les exposants permettent de modéliser les phénomènes de croissance et de décroissance rapides.

Notation : a^n = a × a × a × … (n fois)

  • a^0 = 1 (toujours)
  • a^1 = a
  • a^(−1) = 1/a
  • Calculer l’intérêt composé (capital qui croît exponentiellement)
  • Modéliser une croissance démographique ou une expansion de marché
  • Calculer des surfaces (m²) et des volumes (m³)
  • Appliquer une dépréciation accélérée

L’opérateur ^ calcule les puissances dans Excel :

FormuleRésultatDescription
=2^382 × 2 × 2
=10^210010 × 10
=5^01Tout nombre à la puissance 0
=9^0,53Racine carrée (exposant ½)
=2^(-1)0,5Inverse (1/2)

La probabilité mesure la chance qu’un événement se produise, exprimée comme un nombre entre 0 (impossible) et 1 (certain).

Formule : P(événement) = Nombre de cas favorables ÷ Nombre de cas possibles

  • Estimer la probabilité qu’un produit soit défectueux
  • Évaluer le risque qu’un client ne paie pas sa facture
  • Calculer la chance de gagner un appel d’offres
  • Analyser la fiabilité d’un processus

Un contrôle qualité révèle 8 pièces défectueuses sur un lot de 500 pièces.

ABC
1DéfectueusesTotalProbabilité
28500=A2/B2

Résultat : 0,016 → 1,6 % de chance qu’une pièce soit défectueuse.


L’intérêt simple est un calcul où les intérêts sont calculés uniquement sur le capital initial (montant de départ). Les intérêts ne génèrent pas eux-mêmes d’intérêts.

Formule : I = C × t × n

  • I = intérêts gagnés
  • C = capital initial
  • t = taux d’intérêt (par période)
  • n = nombre de périodes

Montant total = C + I = C × (1 + t × n)

  • Prêts à court terme (moins d’un an)
  • Escomptes commerciaux
  • Certains placements à taux fixe
  • Calcul de pénalités de retard

Vous placez 5 000 $ à un taux annuel de 4 % pendant 3 ans en intérêt simple.

ABCDE
1CapitalTauxAnnéesIntérêtsTotal
25 0004%3=A2*B2*C2=A2+D2
  • Intérêts : 5 000 × 0,04 × 3 = 600 $
  • Total : 5 000 + 600 = 5 600 $

Les intérêts sont les mêmes chaque année : 200 $.


L’intérêt composé calcule les intérêts sur le capital initial et sur les intérêts déjà accumulés. C’est le principe des « intérêts sur les intérêts » — la base de l’épargne à long terme.

Formule : Montant = C × (1 + t)^n

  • C = capital initial
  • t = taux d’intérêt par période
  • n = nombre de périodes
  • Épargne à long terme (REER, CELI)
  • Prêts hypothécaires et auto
  • Investissements en bourse
  • Toute situation financière dépassant un an

Vous placez 5 000 $ à un taux annuel de 4 % pendant 3 ans en intérêt composé.

ABCD
1CapitalTauxAnnéesMontant final
25 0004%3=A2*(1+B2)^C2

Résultat : 5 000 × (1,04)³ = 5 624,32 $

Comparaison : en intérêt simple, on obtenait 5 600 $. La différence de 24,32 $ vient des intérêts sur les intérêts.